Autophagie

Autophagie

Imagine-toi acheter une maison pour y vivre pendant les 20 prochaines années.

Pour la garder propre, tu feras la nettoieras chaque semaine en visant principalement les zones accessibles.

Mais que se passe-t-il, 20 ans plus tard, si tu ne fais jamais de ménage de fond, en déplaçant armoires et canapés ? Moisissures, aliments pourris avec le temps ou insectes vont s'accumuler et abîmer ces espaces.

Le jeûne, c'est le grand ménage dont ton corps a besoin. Cet article aborde donc la notion d'autophagie, qui est le balai utilisé pour ce nettoyage de fond.

Comprendre le jeûne et ses bienfaits

QU'EST-CE QUE L'AUTOPHAGIE?

Pour faire simple, l'autophagie c'est un mécanisme de dégradation et de recyclage des déchets présents dans les cellules de ton corps.

Le mot autophagie est dérivé des racines grecques auto (soi-même) et phagein (manger)

Ces déchets sont découpés puis transformer pour créer de nouvelles molécules.

Pour te donner une image, c'est un peu comme recycler le plastique usé de tes poubelles pour le réutiliser et fabriquer des chaises.

C'est un processus qui permet à ton organisme de se nettoyer et de se réparer.

Implications

Si ton autophagie fonctionne mal, les déchets s'accumulent dans ton corps, ce qui a pour conséquence d'augmenter les risques de maladies graves (neurodégénératives, cardiovasculaires, cancers, ...)

Pour bioptimiser ta santé, il est donc important d'avoir une autophagie efficace pour permettre une meilleure santé cellulaire et diminuer le risque de développer ces maladies.

FACTEURS IMPACTANT

Tu peux alors te poser la question suivante : comment faire en sorte que tout fonctionne correctement ?

Fondamentalement, pour que ce système soit efficace, il faut le solliciter. L'autophagie s'active lorsque ton corps perçoit un manque prolongé de nutriments, comme lors d'un jeûne. Si il est constamment en situation d'abondance et ne déclenche jamais le mode survie, ou trop peu, il finit par se "rouiller".

Plus concrètement, plusieurs facteurs impactent ton autophagie :

Si ton corps reçoit constamment des calories, des glucides et/ou des protéines, il reste dans un état de confort et n'utilise pas son alternative de secours.

Lorsque tu pratiques une activité physique, tu envoies un signal de stress à ton corps qui le sort de sa zone de confort.

Cela permet aussi de brûler plus vite les aliments consommés et d'éviter la résistance à l'insuline.

Si tu fais de la résistance à l'insuline, cela dérègle ton métabolisme de façon générale et la dégradation des déchets devient inefficace.

Tabac, alcool, manque de sommeil, pollution, … Tous ces facteurs endommagent ton système en plus d'ajouter des déchets aux cellules.

Comme je le dis souvent, il est important d'appliquer des stress sains à son corps (jeûne, activité physique) tout en limitant les malsains (excès de sucres, tabac, manque de sommeil, …).

ACTIVER L'AUTOPHAGIE

Pour activer ton autophagie, il te faut donc solliciter l'alternative de secours de ton organisme.

C'est pour cette raison précise que beaucoup passent par la pratique du jeûne.

Pour rappel, après un repas, ton corps tire principalement son énergie des nutriments et du glycogène stocké durant les 12-18 premières heures, période durant laquelle il est "confortable".

C'est une fois passé ce délai qu'il commence à basculer sur sa réserve de secours (tes graisses) et va donc entamer son processus d'autophagie.

Il faut comprendre ici que l'utilisation des graisses demande plus de temps et d’énergie à ton organisme, raison pour laquelle il ne la sollicite que lorsque c'est vraiment nécessaire.

Jeûne sec

Un jeûne sec est plus intense qu'un jeûne hydrique car ton corps, en plus de manquer de nourriture, manque d'eau.

Ce contexte supplémentaire accélère le processus autophagique : pour ne pas être trop déshydraté, ton corps fabrique sa propre eau en oxydant tes graisses.

Un jeune sec te permettra donc de solliciter ton autophagie plus rapidement.

En savoir plus sur le jeûne sec

BIENFAITS DE L'AUTOPHAGIE

En "nettoyant" ton organisme, tu te débarrasses des cellules vieillissantes.

Cela te permet d'avoir un corps en meilleur santé, de ralentir le vieillissement de réduire tes chances de développer des maladies graves.

Le cerveau est particulièrement sensible à l'accumulation de déchets qui endommagent tes neurones.

L’autophagie aide à préserver leur bon fonctionnement sur le long terme.

L'autophagie identifie les virus et bactéries comme toxiques à éliminer. Elle renforce donc ton organisme face aux infections.

Les mitochondries défaillantes sont elles aussi éliminées (mitophagie) et remplacées par des neuves.

Cela te permet d'avoir une énergie plus stable grâce à une meilleure gestion de la glycémie et de l'inflammation interne.

Mitochondries : pour faire simple, ce sont de petites structures présentes dans tes cellules qui transforment la nourriture et l'oxygène en énergie utilisable par ton corps. On les surnomme souvent "les centrales énergétiques".

LES STADES D'AUTOPHAGIE

L'autophagie est un processus progressif qui s'intensifie avec le temps : plus ton jeûne sera long, plus ton autophagie sera profonde.

Elle le sera d'autant plus si tu pratiques un jeûne sec (déconseillé au delà de 24h).

Au delà du jeûne, ta dépense énergétique et ton métabolisme jouent aussi un rôle car, au final, c'est un mécanisme qui s'active en fonction de l'énergie encore disponible.

Les durées indiquées ci-dessous dépendent donc de ces paramètres et concernent le jeûne hydrique.

Le taux de glucose dans ton sang commence à baisser, ce qui signale à ton corps que l'énergie va bientôt commencer à manquer.

C'est à ce moment là qu'il commence à activer le processus d'autophagie en s'attaquant aux cellules endommagées les plus accessibles pour produire de l'énergie.

C'est entre 24 et 48 heures que le processus atteint son intensité maximale.

Le sucre dans ton sang est vide, les réserves de glycogène sont épuisées, ton organisme doit donc se fournir en énergie de manière plus agressive via ses alternatives de secours.

Il s'attaque à des structures plus complexes comme les mitochondries et des protéines qui sont souvent celles à l'origine de maladies neurodégénératives.

Cette phase est le minimum recherché pour un nettoyage efficace.

À ce moment-là, tu entres en cétose profonde. L'autophagie baisse, car ton corps protège ses tissus vitaux (comme les muscles) en devenant extrêmement sélectif dans ce qu'il dégrade.

Arrivé à ce stade, l'objectif n'est plus d'aller en profondeur pour dégrader de nouvelles cellules, mais de forcer ton corps à s'adapter à cette situation en continuant son nettoyage de manière sélective.

C'est une phase plus avancée qui peut comporter des risques et être contre-productive si tu n'as pas entraîné ton corps pour cela auparavant.

CONCLUSION

L'autophagie est un mécanisme puissant qu'il est intéressant d'utiliser pour purifier ton corps et améliorer sa santé.

Ce n'est cependant pas une pratique à pousser à l'extrême ni à considérer comme un remède miracle à un mode de vie négligé. C'est un outil de plus dans ta boîte à bioptimiser qu'il faut savoir solliciter intelligemment.

À une époque où l'accès à la nourriture est devenu hyper accessible, il est bon de veiller à ce que ton organisme ait toujours la capacité de tenir dans une situation de manque afin de te renforcer.

FAQ

Questions les plus demandées

Non. Des jeûnes courts et réguliers, comme le jeûne intermittent, suffisent déjà à stimuler le processus. Les jeûnes plus longs accentuent l’autophagie, mais ne sont ni nécessaires ni adaptés à tout le monde.

L’activité physique est un levier complémentaire, mais elle ne remplace pas totalement le jeûne.

Le sport envoie un signal de stress bénéfique, tandis que le jeûne agit surtout via la disponibilité énergétique et hormonale.

Les deux se renforcent mutuellement.

Dans un contexte maîtrisé et progressif, non. Le corps protège naturellement les tissus vitaux et devient plus sélectif.

La perte musculaire apparaît surtout lors de jeûnes prolongés mal préparés ou combinés à une carence protéique chronique.

Non. Certaines situations nécessitent de la prudence ou un avis médical : grossesse, troubles alimentaires, diabète traité, maladies chroniques, grande fatigue.

La régularité prime sur l’intensité. Mieux vaut de petites sollicitations fréquentes (jeûne intermittent, activité physique, nuits de sommeil suffisantes) qu’un stress intense et ponctuel.

Ceci étant dit, il peut être bénéfique de pratiquer 3 à 4 fois dans l'année des jeûnes prolongés pour effectuer ce nettoyage de fond.

ARTICLES SIMILAIRES